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As Bestas

Film de Rodrigo Sorogoyen (2022)

Avec Denis Ménochet, Marina Foïs, Luis Zahera, Diego Anido.

Scénario : Isabel Peña & Rodrigo Sorogoyen

Musique : Olivier Arson

Montage : Alberto del Campo


Résumé

Antoine et Olga, un couple de Français quinquagénaires, ont quitté la ville pour vivre dans un village reculé de Galice. Ils restaurent une ferme, cultivent la terre, participent à la vie locale… mais leur présence n’est pas bien accueillie par tout le monde. Deux frères du coin, Xan et Loren, les voient comme des intrus qui bloquent leurs projets et menacent « l’ordre » du village. Ce qui pourrait n’être qu’un simple conflit de voisinage se transforme peu à peu en guerre sourde, poisseuse, presque primitive. Les regards deviennent des menaces, les mots des armes, et la terre elle-même semble prête à exploser sous les tensions. Sorogoyen étire ce malaise jusqu’à l’insupportable, sans jamais perdre l’humain de vue.


Ce qui fait la force du film

As Bestas s’impose d’abord par son réalisme cru, presque animal. Sorogoyen joue avec les nerfs du spectateur, créant un climat d’hostilité rampante où chaque scène semble sur le point de déraper. Denis Ménochet et Marina Foïs offrent des performances d’une intensité rare, tandis que Luis Zahera, impressionnant de brutalité contenue, donne au film une énergie proche du thriller rural. La mise en scène, profondément immersive, utilise la nature comme un personnage : le vent, les collines, la boue, tout devient vecteur de tension. Le montage d’Alberto del Campo resserre l’étau scène après scène, et la musique d’Olivier Arson ajoute une pulsation presque organique.


Thèmes abordés

Le film explore avec une précision presque chirurgicale la xénophobie rurale et ces tensions sourdes entre habitants « de toujours » et nouveaux arrivants. Il scrute cette zone grise où la civilisation et la sauvagerie se frôlent jusqu’à s’effriter, révélant ce qu’il reste de l’humain quand le territoire devient un enjeu vital. As Bestas interroge également le rapport viscéral à la terre, au travail paysan, à ce que l’on possède ou croit posséder, et à ce qu’on est prêt à défendre coûte que coûte.


Pour qui ?

Pour celles et ceux qui aiment les drames tendus comme un câble, les films qui scrutent les rapports humains à la loupe, et les œuvres où la nature devient une force dramatique à part entière. As Bestas est un coup de poing, puissant, maîtrisé, impossible à oublier.

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