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Le tombeau des Luciolles

Titre original : Hotaru no Haka

Année : 1988

Réalisateur et scénariste : Isao Takahata

D’après la nouvelle de : Akiyuki Nosaka (1967)

Studio : Studio Ghibli

Musique : Michio Mamiya


Résumé

En 1945, à Kobe, Seita et sa petite sœur Setsuko perdent leur mère lors d’un bombardement américain. Le père est au front. Livrés à eux-mêmes dans un pays à l’agonie, ils tentent de survivre entre décombres, faim et indifférence ambiante. Malgré la misère, leurs éclats de joie et d’imagination créent des bulles de lumière dans un monde qui s’effondre. Leur histoire avance comme une chandelle au vent : belle, fragile, tragique.


Contexte et genèse

Le film est adapté d’une nouvelle autobiographique d’Akiyuki Nosaka, qui a perdu sa sœur durant la guerre. Il considérait le texte comme “inadaptable” tant la douleur était intime. Après avoir vu le scénario de Takahata, il a approuvé le projet, estimant que le film serait l’hommage le plus juste que sa sœur puisse recevoir.

Takahata, lui-même marqué par les bombardements qu’il a vécus enfant, a voulu un film non pas accusateur, mais profondément humain, débarrassé de tout manichéisme. Son but était de montrer la guerre comme une mécanique qui broie les plus vulnérables.


Tournage et production

C’est l’un des rares films du studio Ghibli à ne pas être réalisé par Miyazaki, et aussi l’un des plus réalistes. Le jour de sa sortie au Japon, il partageait l’affiche avec Mon Voisin Totoro. L’idée était de proposer un duo contrasté : un film sombre et un film lumineux. Si tous deux ont souffert au box-office, ils ont fini par devenir cultes.

Isao Takahata a choisi une animation volontairement sobre, refusant l’excès de mouvement ou le charme habituel de Ghibli. Il voulait un style presque documentaire, fondé sur l’observation, la lenteur et la retenue. Les décors, les objets, les vêtements et les ruines de Kobe ont été reconstitués d’après des archives de l’époque. Chaque geste des enfants, comme jouer, gratter une boîte de conserve, se laver dans la rivière, a été pensé comme une mémoire fragile de la vie quotidienne en temps de guerre.

La musique, discrète, n’envahit jamais l’image. Elle souligne sans commenter. Takahata tenait à ce silence : pour lui, la guerre est faite de creux, d’attentes et de sons étouffés.


Thèmes et portée

Le film aborde la guerre par l’intime : pas de batailles, pas de stratégie militaire, seulement deux enfants confrontés à l’injustice, à la solitude et à la lente désagrégation du monde adulte. À travers eux, il explore la responsabilité collective, l’indifférence sociale, l’amour fraternel comme dernier refuge, et la fragilité de l’enfance face à la violence historique. Le Tombeau des lucioles demeure, encore aujourd’hui, l’une des œuvres les plus puissantes sur la guerre et sur ses victimes invisibles.


À voir pour

Un film d’animation d’une intensité unique, bouleversant mais jamais appuyé. Une ode à la dignité et à la tendresse dans un monde brisé. Takahata signe une œuvre humaniste, inoubliable et absolument essentielle.

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