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Tu seras mon fils

Film de Gilles Legrand (2011)


Co-écrit avec : Delphine de Vigan


Avec Niels Arestrup, Lorànt Deutsch, Nicolas Bridet, Anne Marivin, Patrick Chesnais, Valérie Mairesse.


Résumé

Dans un prestigieux domaine de Saint-Émilion, Paul de Marseul règne en maître absolu. C’est un vigneron brillant, charismatique… mais aussi tyrannique, méprisant, presque cruel dans ses silences comme dans ses paroles. Son fils, Martin, travaille pourtant avec lui depuis des années, dans l’espoir d’être enfin reconnu comme digne successeur. Mais Paul ne voit en lui qu’un héritier médiocre, incapable d’être à la hauteur du nom et du vin familial.

Quand Philippe, le fils de l’intendant (interprété par Patrick Chesnais), revient des États-Unis, tout bascule. Élégant, confiant, ambitieux, il possède exactement ce que Martin n’a pas. Paul s’attache à lui presque immédiatement, au point de l’adouber comme fils spirituel. Le malaise se transforme alors en une humiliation constante pour Martin, qui observe son père glisser peu à peu vers une forme de trahison intime.

Le domaine, d’ordinaire paisible, devient un chaudron où bouillonnent rancœur, jalousie, favoritisme… et un héritage qui ne va pas du tout où il devrait.


Raisons pour le voir :


La force de Tu seras mon fils repose d’abord sur l’interprétation magistrale de Niels Arestrup, d’une dureté presque minérale mais traversée de failles d’émotion qui éclatent par moments.

La mise en scène, sèche et précise, étire la tension sans jamais en faire trop : la tragédie se tisse dans les silences, les regards et ces repas qui dérapent à peine mais suffisamment pour tout fissurer.

Le décor joue lui aussi un rôle essentiel : les vignes, les chais, la terre, tout participe à cette idée de patrimoine sacré, presque mythifié, que les personnages se disputent.

Le film offre également une peinture très juste de la violence psychologique, celle qui humilie, qui mine, qui façonne malgré soi, et mène à un final implacable qui refuse toute facilité.

En toile de fond, il interroge l’héritage comme arme, le besoin vital d’être reconnu par un parent, le poids écrasant du nom et du prestige, ainsi que cette injustice familiale silencieuse qu’on porte toute une vie.

Un film à voir pour les amateurs de drames familiaux tendus, de confrontations psychologiques fines où personne n’est innocent, et d’œuvres françaises profondément ancrées dans un lieu chargé de sens.

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