L'anthropophage Humaniste
- lorenzo garnieri
- 20 août 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 nov. 2025
J’adore tuer des gens. C’est pour ça que j’en ai fait mon gagne-pain : je suis boucher anthropophage. Un métier qui se perd. Mais que voulez-vous ? C’est les jeunes, avec leurs conneries de végétalisme. Alors que moi, bah… j’aime bien mon boulot.
Ma spécialité ? Les bouchées de petits vieux. Quatre-vingts piges à mariner, ça rend la viande plus tendre à la découpe et fondante en bouche. Un vrai délice. Je vous ferai goûter.
Je ne fais que dans les vieux, que voulez-vous ? Je suis humaniste. Ça libère de la place à la caisse du supermarché et sur les parkings. Et comme je suis écoresponsable, je cuisine bio et sans gluten. J’ai quand même une conscience. Parce que oui, cuisiner des vieux, c’est éthique et pratique. Éthique, parce que je ne vais pas bouffer des gosses, ils attirent trop l’attention. Et pratique, parce que les vieux, tout le monde s’en fout. Surtout en période de canicule.
En plus, avec les réseaux sociaux, c’est plus simple de trouver des victimes. Ah ! Merci internet de satisfaire ma vie de prédateur humaniste. J’ai plein de contacts avec des gens intéressants. Tellement intéressants que je m’étonne de leur solitude. Je me dis que grâce à moi, mes victimes sont unies dans mon estomac par les liens sacrés de la nutrition.
Comme je ne suis pas un ingrat, j’ai remercié les patrons des réseaux sociaux de la plus belle des manières : je leur ai envoyé de petits pâtés faits maison, soixante-dix ans d’âge. Certains ont adoré, et me l’ont fait savoir par courrier. Il y en a même qui m’ont commandé mes petits pâtés par cargos entiers. C’est que certains de ces patrons s’y connaissent en viande bon marché.
Alors franchement, mesdames, messieurs les jurés, vous n’allez pas me condamner. Après tout, je suis un artiste. Et comme dit l’adage :
« Il faut bien séparer l’homme de l’artiste. »



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